Article Le Provencal du 28 février 1952 |
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L'OM A LARGEMENT DOMINE LE HAVRE ...mais la défense normande était intraitable (0-0) BON DEBUT DE MERCURIO |
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Si ce match Le Havre O.M. ne fut pas un choc à sensation il nous réserva dans les cinq dernières minutes quelques émotions fortes ou tour à tour les deux adversaires faillirent l'emporter sur un exploit personnel. La rencontre fut pourtant de bonne qualité et ne tomba jamais dans l'indifférence, pour la bonne raison qu'avants phocéens et défenseurs havrais mirent à la tâche un coeur énorme et une volonté inébranlable. Quant au scénario, il fut le même d'un bout à l'autre de la partie. Attaque marseillaise accula constamment les Normands sur leurs bois, ceux-ci se défendirent avec vaillance et ne commettant aucune faute renvoyèrent inexorablement toutes les balles ! Dans les bois havrais Ruminski a fourni une partie exemplaire toujours bien placé, parfois servi par la chance, il a fait preuve d'une étourdissante vista ! Grimonpont est également en très grande forme, prompt, rapide, il a annihilé complètement Andersson qui n'a jamais eu la possibilité de shooter en bonne position. Mathiesen, dans la ligne médiane, tint son rôle très honorablement. Il couvrit un terrain énorme et parut infatigable. Bon début de Mercurio Tous les yeux, hier, au stade étaient braqués sur Mercurio. Le jeune de Chiffalo a fourni de très bons débuts. Couvrant bien sa balle, il n'a pas rechigné à la besogne, il s'est montré omniprésent. Il a certainement progressé depuis deux ans quand il aura retrouvé le rythme "pro" il sera un avant des plus précieux. |
Alarcon a été lui aussi brillant ; il a lutté avec acharnement pour créer le "trou" et ravitailler son puncheur Gunnar. L'attaque olympienne, en première mi-temps, eut le tort de faire un peu de dentelle, ce qui avantageait les incisifs "balayeurs" havrais et au cours de la reprise ils s'entêtèrent à toujours vouloir franchir le mur adverse par le centre alors qu'il aurait fallu le contourner par les extrémités. Pour ces raisons, les avants "blancs" n'ont pas su profiter de leur magnifique et constante occupation territoriale. Lanfranchi comme un lion Jean Lanfranchi s'est dépensait comme un lion, actif, courageux, entêté même, il a détruit maintes opérations ennemies et a fourni bien des balles à ses camarades. Lanfranchi, qui avait peur de ne pas être à la hauteur de sa tâche à un poste étranger, a conquis défend son splendide ses galons "permanents" d'équipier premier. Salem fut farouche et impitoyable comme d'habitude. Il a bouclé de pied de mettre Vallorizek. Quant à l'attaque havraise elle sommeilla, fut presque invisible et ne se manifesta que par Saunier. |
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RUMINSKI fut plus souvent en danger qu'IBRIR |
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À l'O.M. Abder est resté sur la touche, c'est Johansson qui est demi-centre et Lanfranchi demi-droit. En dix minutes, l'O.M. obtient trois corners ; à la 16me minute, Andersson expédie un boulet de canon de vingt cinq mètres qui oblige Ruminski à plonger et à envoyer la balle en corner. À la 26me minute, Ruminski arrête un tir très dur de Mercurio. On note ensuite deux shoots en hauteur de Saunier (28me et 34me minutes) et un essai de Stricane sur lequel Ibrir s'élance avec décision (37me minute). La seconde mi-temps voit l'O.M. continuer à faire le forcing et dominer outrageusement ; Mesas 59me et 60me minutes). Alarcon (66me minute), Lanfranchi (68me minute), Andersson (69me minute) tentent leur chance mais sans grande précision. À la 75me minute, Ruminski est en grand danger, sur un long centre de Dard, un cafouillage se produit devant ses bois, le keeper normand sort, manque la balle, puis se reprend et dégage. Émotions dans les ultimes minutes. À la 86me minute Merseman échappe à la vigilance Johansson, il file seul vers les bois, va-t-il marquer ? Il tire dans sa foulée, mais au prix d'un grand écart Ibrir arrête le cuir avec la jambe. Deux minutes plus tard, Dard file seul dans un sprint décisif, il shoote, Ruminski renvoie, il tire à nouveau, Ruminski est encore là. |
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BIGOT : "J'ai eu chaud" |
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Dans les vestiaires on est satisfait du côté Havrais et Bigot de nous dire : "L'O.M. a mieux joué que nous, c'est une belle équipe, elle mérite de remonter nettement au classement il y en a devant elle qui ne la valent pas ! Je vous assure que j'ai eu chaud et je vous affirme que nous avons joué cette défense à outrance parce que les avants olympiens nous y ont obligé !" Roessler, bien entendu n'est qu'à demi satisfait et cela se conçoit aisément : "Nous n'avons pas eu beaucoup de chance et puis la défense havraise à abattu une de ses besognes !" "Lanfranchi qui redoutait de jouer demi-aile a fourni une très remarquable parti. Il m'a réellement donné satisfaction !" Aujourd'hui repos pour les olympiens, ils en ont besoin après s'être dépensés sans compter. Le onze qui rencontrera Strasbourg ne sera sans doute formé que vendredi dans la soirée. |
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du 28 février 1952 |