Résumé Le Provencal du 04 mai 1964 |
GRACE A UN BUT DE LA 93' MINUTE KELLER donna à l'O.M. Une précieuse victoire (2-1) |
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Ce n'était pas moins cinq, mais plus trois, quand M. Blum accorda un coup franc de l'O.M. pour obstruction Seddek - Sbroglia sur Keller, alors que le ballon était déjà entre les mains de Cluzel. À ce moment-là, on pouvait lire 1 à 1 au tableau d'affichage. Jean Robin était rouge à en éclater et le Docteur Luciani venait de confier à un de ses volains : "Enfin, match nul, c'est déjà mieux que dimanche dernier !" On voit à quel point ce coup franc providentiel, ce coup franc de la dernière chance, était le bienvenu. Viaene le tira en force dans le mur de Cherbourg. Il s'en suivit une mêlée d'où le ballon sortit devant le pied de Keller... et ce fut le but de la victoire. De la victoire ardemment souhaitée, largement méritée... et finalement inespérée. Le temps d'engager et M. Blum sifflait la fin, à la 94me minute. Nous vous laissons le soin d'imaginer le volume des acolamations ayant orchestré le retour des Olympiens aux vestiaires. Pourquoi M. Blum ? Ctte précieuse victoire, l'O.M. la doit à M. Blum et à Cluzel. La rencontre terminée, nous avons eu la chance d'entendre l'arbitre principal dire à l'un de ses adjoints de la touche : "Ils avaient fait trop d'anti-jeu, c'est pourquoi je ne leur ai fait aucun cadeau ; ni des arrêts du jeu, ni de ce coup franc". Même au milieu de la foule, les arbitres feraient bien de se méfier de ces quidams d'apparence insignifiante qui peuvent être des journalistes. La mauvaise humeur de M. Blum avait pour cause, essentiellement, la façon dont le gardien de Cherbourg, Cluzel "tira sur la ficelle" durant presque toute la deuxième mi-temps. À chaque fois qu'il savait le ballon - et il l'eut souvent - le gardien cherbourgeois s'appliqua à gagner le maximum de temps. Ces dégagements à retardement n'ayant eu aucune influence sur la partie, on peut affirmer que Cluzel, en indisposant M. Blum, a grandement contribué à la défaite, in extremis de son équipe. L'O.M. trop nerveux Mais nous n'aurions jamais vécu cette dramatique fin de partie si les attaquants de l'O.M. avaient transformé en buts à bonne demi-douzaine d'occasions faciles qu'ils eurent de tromper Cluzel, de la première à la dernière minute. Rarement vit-on une équipe autant dominer, mettre hors de position la défense adverse autant de fois et tirer un aussi petit profit d'un tel avantage. Cette maladresse de Keller, de Peretti de Joseph, reportez-vous au fil du match pour avoir une énumération précise, n'a qu'une cause : l'énervement collectif. Battu par le Red Star dans les conditions que l'in sait, l'O.M. avait une telle envie de ne pas connaître la même mésaventure qu'emporté pa rl'élan, le trop grand désir de bien faire, il confondit vitesse et précipitation. Le plus paradoxal est que cet excès de volonté faillit coûter la victoire à l'équipe olympienne. Bonne nouvelle à la mi-temps C'est surtout au début de la deuxième mi-temps que la chose parut évidente. L'O.M. venait de rentrer aux vestiaires avec un retard d'un but. |
But marqué par Lekkak, au moment précis où l'O.M. dominait le plus et venait de rater 3 à 4 belles occasions d'ouvrir le score. Les sifflets ayant accompagné Marseillais étaient à peine calmés que l'on apprit la bonne nouvelle : à Montpellier, Metz était mené par 2 à 0. Ce résultat retourna littéralement le public et donna des ailes aux Olympiens. Jamais ils n'avaient été encouragés comme ils le furent durant toute la deuxième mi-temps. "Allez l'O.M. ! Allez l'O.M. !" Il ne manquait que les pétards, réservés sans doute pour le dernier match. Une ruée aveugle C'est dans ces conditions, trop favorable pour ne pas être énervantes, que les Marseillais se ruèrent à l'assaut des buts défendus par l'excellent Cluzel. Ruée vigoureuse, généreuse, mais tellemen taveugle que seul Bernard, le calme de l'équipe, réussit à tromper le gardien de Cherbourg. Pendant toute cette deuxième mi-temps, Escale toucha le ballon 2 ou 3 fois, et encore sur passes de ses arrières. C'est dire combien la domination de l'O.M., de l'O.M. déchaîné mais impuissant, fut nette. On était résigné au match nul, Cherbourg recommençait à respirer, quand M. Blum siffla le fameux coup franc qui devait transformer le résultat de la rencontre. Tout est bien qui finit bien, mais il était que temps. L'O.M. doit mieux jouer à Metz Pareille rencontre est difficile à commenter. Si l'on ne tenait compte que des qualités morales, l'O.M. mériterait la note maximum. Si l'on veut seulement se référer au jeu d'équipe, il convient de se montrer beaucoup plus réservé. Dominer n'est ni marquer, ni gagner. Tenons cependant compte du fait que les joueurs marseillais perdirent leur sang-froid et commirent de ce fait des fautes défensives et offensives, inhabituelles de leur part. Nous avons la certitude qu'ils joueront beaucoup mieux en déplacement. Sinon il n'y aura pas de "montée" possible avec ou sans barrage. Cluzel : N.1 de Cherbourg De l'équipe de Cherbourg, nous avons retenu, en première mi-temps, la valeur de Lekkak, Jubiot et Bolis. Ces trois jeunes gens "empoisonnèrent" alors la défense marseillaise. Cluzel, lui, fut excellent et la défense Cherbourgeoise dans son ensemble, assez faible. M. Blum est de ces (bons) arbitres qu'il vaut mieux avoir sur son terrain qu'en déplacement... Maurice FABREGUETTES |
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Le président LUCIANI : "Nous revenons de loin" On jubilait dans les vestiaires marseillais. Le président Luciani demeurait calme pour nous dire : "Nous revenons de loin ! Nous avons admiré la belle combativité de tous, ainsi nous conservons l'espoir..." L'entraîneur Jean Robin constatait avec une certaine logique : "Quand Keller a été arrêté, arbitre aurait dû siffler penalty ; alors j'estime que le but vainqueur est tout à fait légitime !" Boucher s'exclamait d'un ton surpris : "Cherbourg a pratiqué à la fin un véritable antijeu ! Vous avez vu ce que c'est la réussite ?" Keller soulignait en souriant : "Au début de la rencontre, si je prends bien la balle de la tête, je dois marquer !" Markiewicz remarquait avec humour : "Il ne faut pas qu'ils nous fassent cela tous les dimanches, car dans ces conditions il faut avoir un coeur bien accroché !" Le masseur Moreni était sans force : "Je suis mort..." M. Neumann rappelait : "Cluzel faisait exprès de perdre du temps ; arbitre la prévenu qu'il laissait courir sa montre." Enfin Moulon pensait à l'avenir : "Si nous jouons de cette manière à Metz, nous avons notre chance, car nous avons tous manifesté une magnifique vitalité !" |
Rummelhard : "L'O.M. doit une fière chandelle à l'arbitre" Dans le camp cherbourgeois, les langues ne se délaient pas facilement. L'entraineur Rummelhardt nous a dit : " Il faut se lever de bonne heure pour gagner ici, mais les Marseillais doivent une fière chandelle à l'arbitre. Quand ils ont marqué leur second but, la seconde mi-temps durait depuis 48 minutes !" Sbroglia commentait la rencontre en ces termes : "Je souhaite aux Marseillais que ce cadeau leur porte bonheur, mais s'ils montent en première division, ils ont besoin de changer au moins huit joueurs. Ils ne sont pas plus forts que nous ! Et n'oublions pas qu'il existe un grand écart entre la première et la deuxième division !" Enfin Cluzel soupirait :" Les marseillais ont eu des occasions qu'ils n'ont pas su exploiter. Il leur a fallu un coup de chance terrible pour l'emporter." |
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