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Résumé Le Provencal

du 06 octobre 1958

 

Courageux mais maladroit forcing de l'O.M. qui ne rejoint SEDAN

Qu'à la soixante-quinzième minute, grâce à IKONGA

Après les orages de la veille, il faisait très bon, hier, au Stade-Vélodrome, qu'avait envahi une bonne assistance. À l'appel les équipes, Dominique Rustichelli reçu une belle ovation... ce qui ne lui était jamais arrivé sous le maillot blanc.

Sur la pelouse verte est belle mais assez humide, Sedan en "bleu blanc rouge" faisait très "équipe de France".

C'est l'O.M. qui après le coup d'envoi fut le premier dans le camp adverse... mais Hédiart rata complètement son tir.

Peu après, Sedan, par Breny obtenait un corner et tout de suite c'était le coup de théâtre.

Molla marque... pour Sedan

Stamm attaqué par Gransart envoyer le ballon vers le centre où se trouver Rustichelli. Péri sortit, mais Molla au même moment lui adressa une balle qui roule à doucement dans la cage.

En était à la 4me minute de la rencontre.

Jusqu'à la 12me minute, c'est Sedan qui attaqua sans arrêt, mais sans réussir à trouver la position de tir. Rustichelli obligea cependant Péri à plonger dans ses pieds à la suite d'une passe trop molle de Molla.

À l'O.M. de jouer

On ne pouvait en tout cas suspecter la bonne volonté des Marseillais. Une première ouverture de Célestin Oliver créa une situation très dangereuse pour Sedan. A la 11me minute, un tir terrible des 25 mètres de Touré obligea Vincent à plonger et à mettre en corner.

Trois minutes plus tard, une excellente transversale de Leonetti arrivait à Toure qui avait "grillé" Polak après une course épique.

Son heading passa de peu au-dessus.

À la 19me minute, une belle action Touré-Ikonga était stoppée pour hors-jeu.

Breny rate le k.o.

Mais à la 21me minute, le Sedanais Breny bien placée arriva seul devant Péri et se fit souffler la balle, ratant ainsi l'occasion de creuser l'écart.

Puis l'O.M. continua à faire le forcing. Une bonne passe de Chicha permettait à Eschman de tirer, mais Vincent arrêtait bien son envol.

Encore un tir de Touré au-dessus puis un shoot de Leonetti dévié au départ, que Vincent stoppa au prix d'un beau plongeon.

Ensuite, la domination de l'O.M. qui ne se traduisit pas malheureusement par des tirs valables ne fut coupée que par deux bons renvois de Michel Lefebvre que Péri arrêta tant bien que mal. Excellemment le premier, lâchant le second.

Eschman et Chicha temporisèrent beaucoup trop ou tirèrent trop mollement pour inquiéter l'excellent Vincent.

Après la pause

forcing généreux...

Après le repos, la physionomie de la rencontre ne devait que très peu changer. Assauts désordonnés des Olympiens, repoussés de même façon par les Sedanais.

Célestin Oliver donna de très bons coups francs au 50e, 55e et 70e minute dont Vincent se tira au mieux. À la 55me, Vincent eut un réflexe miraculeux, sur une tête d'Ikonga qui devait passer inter vers la 65me minute pour le plus grand bien de l'O.M. Tous ces assauts olympiens devaient jusqu'alors échouer par l'imprécision absolue des passes ou des tirs.

...et égalisation

Cependant, après un tir très bout de Célestin Oliver sur passe de Chicha, dès la remise en jeu, Ikonga héritait à 25 mètres des buts Sedanais d'un mauvais renvoi aérien de Polak.

Il contrôlait la balle et marquait un très joli but d'un tir croisé à ras de terre.

Pendant ce temps-là, Sedan avait pratiquement perdu Dichel Lefebvre à la 55me minute, lui qui avait été incontestable animateur de l'attaque.

Aussi ne répondit-il aux assauts constants de l'O.M. que par des actions spasmodiques. Rustichelli s'échappa souvent, mais rata ses tirs notamment à la 72me minute où il était passé en flèche entre Célestin Oliver et Alauzun.

À la 76me minute, Ikonga donnait une balle parfaite à Hédiart dont le bon tir était arrêté en deux temps par Vincent, bien placé.

Les Sedanais tiraient de loin et gagnaient du temps. À 4 minutes de la fin, coup sur coup, Ikonga passait à Touré qui de volée mettait au-dessus, mais l'arrière visiteur Barre, d'un centre tir aérien, obligé Péri à une envolée spectaculaire.

Quelques secondes avant le coup de sifflet final, Max Fulgenzy montait en attaque, mettait sa balle à quelques centimètres de la cage vide.

L'O.M. qui avait fait le forcing n'aurait pas mérité une telle humiliation.

Louis DUPIC

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SANS ORGANISATION APPARENTE

L'O.M. vainqueur aux points

faillit être battu par k.o. !

Si les résultats des rencontres de football se terminaient comme ceux des matches de boxe, l'O.M. aurait incontestablement gagné aux points celle de cet après-midi.

Car les Olympiens, s'ils furent de piètres stylistes, se comportèrent avec leur grosse majorité comme des battants sans reproche.

Sans cesse sur le métier, ils remirent leur ouvrage, mais avec plus de bonne volonté que de talent apparent.

De plus, comme toutes les équipes qui dominent, ils se découvrirent dangereusement à plusieurs reprises. Et si Fulgenzy, Breny et Rustichelli s'étaient montrés plus adroit et meilleurs tireurs, nos représentants auraient sans doute subi un k.o. moralement immérité.

Un nouveau Sedan

Louis Dugauguez a radicalement modifié le style de son équipe en perdant certains joueurs. Il n'y a plus d'ardents Ardennais, même s'ils ne manquent pas de bonne volonté eux non plus. Il n'y a plus cet ouragan irrésistible qui rendit sa formation presque invincible pendant plusieurs saisons.

Nous ne pensons pas qu'elle y ait gagné. Les maillots bleus s'appliquent beaucoup mieux à pratiquer, un bon football sous l'impulsion de bons techniciens qui sont Lefebvre, Mouchet et Christian Oliver. Mais Barre et Polak sont loin d'Eloy et de Carpentier et Noah de Pascal ! St Breny et Rustichelli furent assez maladroits, Stamm donna des promesses, annihilées par un excellent Gransart.

Les meilleurs en valeur absolue sur le gardien Vincent, quasi imbattable et Max Fulgenzy, parfait comme arrière, mais contre attaquant mal inspirer. Avec eux les plus en vue furent Lefebvre jusqu'à sa blessure et Christian Oliver pour sa technique... un rien trop nonchalante cependant

L'O.M. toujours sans méthode

Nous disions hier que Sedan était à la portée d'un Olympique jouant intelligemment, mais une fois de plus, ce fut la fête du courage, du courage désordonné comme les efforts souvent inutiles d'Hédiart qui fut à l'image de ce sa nouvelle équipe. Courageux, actif, mais sans réussite réelle...

Le gardien Péril fut sans grand reproche. Il fut battu par Molla bêtement, c'est tout. Nous n'accablerons pas ce dernier qui fut plus malchanceux que mauvais. Mais on va encore hésiter à lui faire confiance.

Par contre, Gransart et Alauzun furent certainement les plus à l'aise de cette équipe.

Les deux demis Leonetti et Oliver valurent plus par la force de la profondeur de leurs passes longues que par leur influence sur le jeu de leur équipe. Mais le premier nous parut supérieur au second qui donna trop de balle adversaire.

Comme d'habitude Chicha joua 25 minutes, puis disparut, en multipliant les mauvaises passes, les tirs mous et les hésitations. Chaque fois - rares - qu'il joua rapidement la balle, il fut dangereux. Pourquoi ne s'amende-t-il pas ? Il a les moyens techniques de bien faire.

Ikonga, peu servi à l'aile fut excellent comme intérieur, et il eut le mérite d'égaliser.

Son camarade Touré tira souvent, mais en enlevant trop sa balle, sauf à la 14me minute.

Enfin Robert Eschman achemina vers la surface de réparation visiteuse la grosse majorité des balles qui y arrivèrent.

À cet égard, il est exempt de reproches, mais il rata ses tirs lui aussi.

Disant que le Suisse fut avec ce petit diablotin noir Ikonga dont les dribbles et les esquives en déséquilibre sont impeccables, l'attaquant le plus satisfaisant.

Mais sans organisation apparente, cet ensemble est à la merci du moindre accident. On a eu la démonstration éclatante...

Terminons en évitant toute méchanceté sur le plan technique et tactique, cette rencontre ne valut pas grand-chose car, si l'on voulait être méchant...

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DUGAUGUEZ : "Nous aurions dû gagner... par 5 à 0 !"

Faut-il admettre que la manière sedanaise est bien entrée dans le domaine du passé ?

Lorsque l'entraîneur Dugauguez nous dit :

"Nous aurions dû gagner par 5 à 0...", il mit exactement l'accent sur la faiblesse de son attaque mais le même Dugauguez fit aussi remarquer : "Cette attaque fut privée des services de Lefevre dès le début de la deuxième mi-temps. Or Lefevre avait été le meilleur agent avant de mon équipe et nous menions à ce moment là par 1 but à 0...".

Vincent, l'un des meilleurs Sedanais, regrettait amèrement le but réalisateur :

"Je n'ai pas vu partir le shoot, se lamentait-t-il, et je me suis élancé trop tard".

L'arrière central Paliak résuma ainsi l'opinion généralement émise dans le vestiaire des visiteurs :

"Pour une fois nous n'avons aucune raison d'être satisfait d'un point pris à l'extérieur car la victoire était largement à notre porté !"

* * *

Il va sans dire que dans le camp de l'O.M. on était pas non plus satisfait de la journée.

Visiblement abattu, M. Zaraya ne s'expliquait pas la carence générale :

"Je ne comprends pas, je ne comprends pas...". Cette phrase revenait sur ses lèvres comme un leit-motiv

M. Martinelli fit remarquer :

"Nous avons failli perdre en marquant deux buts...", ce qui est parfaitement exact puisque Molla, bien avant Ikonga avait inscrit un but pour Sedan !

Jean Molla disait : "C'était mon match de rentrée et le coup du sort du début ne fut pas précisément fait pour me donner des ailes..."

Paul Péri n'en revenait pas :

"Pourquoi faut-il que toujours, je prenne un but surprise ? Il est ardu de se reprendre dans ces conditions surtout dans la situation où nous nous trouvons".

M. Maurer regrettait l'absence de Jean-Jacques Marcel si l'on en juge par... son jugement :

"La défense a commis de nombreuses erreurs..."

Pendant ce temps, autour du Stade-Vélodrome le public s'écoulait en cherchant à savoir qui, parmi les principaux compagnons d'infortune de l'O.M. pouvait encore se trouver à sa portée.

Tant qu'il y a de la vie.

Jean PEYRACHE

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RUSTICHELLI, AVEC SES QUALITES

ET SES DEFAUTS

Nous avons retrouvé au stade vélodrome Dominique Rustichelli sous le maillot bleu de l'U.A. Sedan Torcy.

Après la rencontre, il nous donna ainsi son opinion :

"Il n'aurait pas fallu croire à l'injustice si nous avions gagné par 3 buts d'écart... "

Avait-il toutefois fait tout ce qu'il fallait pour cela ? Oui, bien sur, puisqu'il lutta et se trouva mêlé à l'incident du premier but en ce sens qu'il fut pour beaucoup dans l'excès de précipitation de Molla.

Cet incident créa, du moins apparemment, chez l'arrière central olympien un complexe d'infériorité et, une demi-heure durant, la rapidité de Rustichelli ressortit avec plus de netteté par opposition à la laborieuse action de son garde du corps.

L'ex-Marseillais, toutefois, entreprit de belles choses qu'il termina moins bien... comme au temps où il jouait sous le maillot blanc !

Dugauguez aurait sans doute intérêt à lui permettre de se réadapter à ce poste de leader d'attaque qui fut celui de ses jeunes années de footballeur.

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