Résumé Le Provencal du 30 novembre 1964 |
O.M. - BEZIERS : zéro à zéro Une offense à l'offensive |
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Eh ! bien... eh ! Bien.. Il en faudrait de l'encre sympathique dans notre stylo pour que ce compte rendu put satisfaire les joueurs, l'entraîneur, les dirigeants et les supporters de l'O.M. Nous savons bien que, certes que l'équipe marseillaise ne pouvait avoir de grandes prétentions ; mais il semble qu'hier, au Stade Vélodrome, ses joueurs se soient surpassés pour endormir le public et causer le minimum de souci à la défense biterroise. Car ce zéro à zéro et le parfait reflet de la rencontre à laquelle nous venons d'assister, pour cause de première offensive de l'hiver. Ce fut, d'ailleurs, la seul offensif digne de ce nom constaté en ce dernier dimanche de novembre du côté du boulevard Michelet. O.M. : deux tirs dans l'encadrement Qu'on en juge : Un premier tir dans l'encadrement de la cage de Béziers se situe à la 82e minute. Sur coup franc pour l'O.M., Cassar obligea Carayon qui, touché au genou, ne pouvait guère sauter, à dévier le ballon en corner. Une minute plus tard, un centre assez astucieux de Baulu vint échouer dans les mains du même Carayon. Et ce fut tout. Nous ne citerons que pour mémoire quelques tentatives de passage en force de Joseph, dont la plus dangereuse, au double sens du mot, eut comme principal résultat la blessure du gardien biterrois. BEZIERS : une égale inefficacité Si Carayon fut peu à l'ouvrage, Escale, lui, ne souffrit que du froid, à deux chaudes alertes près. En première mi-temps le débutant Pech, frais émoulu de la première série languedocienne fut admirablement bien servi... par les défenseurs marseillais. Sans doute ébloui par ce coup de chance, le très jeune et naïf Biterrois se contenta de décocher un tir assez anodin. En deuxième mi-temps, sur centre du vétéran Griffith, le même Pech, arrivant sur le ballon avec Escale, tira sous la transversale. But ou pas ? On ne le saura jamais, l'arbitre ayant sifflé hors-jeu. Le reste, de part et d'autre, ressembla à une rencontre de Division d'Honneur disputée entre deux équipes trop contractées. BEZIERS : Cuxac et un espoir : Daure Tout est relatif. On attendait si peu de l'A.S. de Béziers que finalement son équipe surprit presque agréablement. |
La défense, en tout cas, est bonne. Fioritti, bien qu'encore jeune, c'est bonifié avec le temps ; Facerias confirma sa valeur et le junior Lassere parait pétri de qualités. Mais on retiendra surtout le numéro 4 Daure un étudiant de 20 ans, fils d'un docteur du même nom, qui nous a rappelé par son étonnant dynamisme le Griffith des années se 47 ou 48. Au milieu du terrain, Cuxac, précis, lucide, fut certainement, le meilleur homme du match ; Griffith, souffrant du genou, ayant simplement tiré son épingle du jeu. Mais en attaque c'est le néant... Et voilà qui explique le mauvais classement des Biterrois. Seul Bacquier (le numéro 9), en nets progrès depuis la saison dernière, fit figure d'honorable. BAIT : impression plutôt favorable De l'O.M., on ne sait trop que dire. Sortant tout d'abord de ce désastre Tassone, égal à lui-même ; Sejnera à la rigueur bien sûre et bien entendu Escale. Markiewicz, qui ne devait pas jouer, fit honnêtement son travail. Mais Roigt, et surtout Hodoul pour des raisons qui nous échappent, sont en train de laisser passer la chance qui leur est offerte. Serait-il plus difficile de jouer contre des amateurs languedociens que contre des amateurs de la Division d'honneur, groupe Est ? Cassar était dans un de ces jours où rien ne réussit et Baulu contre-joua de façon surprenante. Tant et si bien que Joseph fut encore le moins déficient de l'attaque marseillaise. Pour terminer, enfin, une note assez optimiste. Débutant dans des conditions catastrophiques Bait, que l'on peut supposer intimidé, produisit une impression plutôt favorable. Bref, une nouvelle fois, le gros rouge biterrois est resté sur l'estomac des Marseillais. Maurice FABREGUETTES |
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L'O.M. et BEZIERS également inefficace |
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LE SCORE LES FAITS MARQUANTS Il n'y en eut guère. L'O.M. n'avait pas placé le moindre tir lorsque le jeune Pech, lancé par Griffith, à la 60e minute, décocha un bolide qui frappa sous la transversale et rebondi aux abords de la ligne... M. Héli mit fin à tout suspense en sifflant hors-jeu. Le premier tir dans l'encadrement fut l'oeuvre de Cassar, sur coup franc dévié en corner par Caramon (82me mn). Une minute plus tard, un centre tir de Baulu alertait Caramon qui stoppait à deux reprises minutes de la fin, un bon tir se dans la foulée de Baulu. LE JEU Ainsi le quatorzième et le dernier, il ne pouvait se situer à un niveau bien élevé. Les deux équipes, séparés par deux points, ont en gros les mêmes qualités et les mêmes défauts : une défense honnête et une attaque insignifiante, celle de Béziers étend composée de joueurs de première série... Rarement en danger, l'O.M. fut rarement dangereux. La défense visiteuse, faisait front avec décision et préservant très bien son gardien blessé assez sérieusement au genou à la 37e minute dans un choc avec Joseph. |
LES JOUEURS C'est bien entendu dans la défense de Béziers que l'on trouvera les plus en vue. Le meilleur ayant été le demi Cuxac, âme de l'équipe. Lasserre, Fioritti, Daure et Falerias firent très bien leur travail devant un gardien, Caramon impeccable malgré le handicap d'une blessure au genou. À cette défense qui en vaut bien d'autres, il ne manque, en somme, qu'une attaque. La défense de l'O.M. n'eut aucun problème particulier à résoudre. On y remarqua la bonne forme de Tassone et, à l'accoutumée le bon placement de Markiewicz. Déception au milieu du terrain Roig et Hodoul furent dominés par Cuxac. Re-déception en attaque ou Joseph fit, physiquement le maximum et ou Bait plut par son sens affirmé du football. LE PUBLIC : Il y avait 4.097 spectateurs. Recette : 15.240,90 francs. Louis DUPIC |
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Mario ZATELLI : "Il fallait jouer plus large !" |
FIORITI : "Les Marseillais ne pouvaient pas marquer !" |
Dans le camp marseillais joueurs et dirigeants arboraient un sourire "mi-figue - mi-raisin". L'entraîneur Zatelli constatait avec une certaine philosophie : "Il fallait jouer plus large ! Enfin dimanche je suis persuadé que devant Nice les Marseillais se reprendront et qu'ils gagneront !" M. Neumann trouvait des circonstances atténuantes : "Que voulez-vous faire devant le "mur de l'Atlantique" ?". M. Naon, lui faisait écho : "Les Biterrois ne jouent pas très bien mais à plusieurs reprises, ils étaient dix devant leurs buts !" Escale remarquait : "Les Biterrois jouent aussi pour gagner leur beefsteak, une demi prime, ce n'est pas à dédaigner ". Cassar soupirait : "Béziers c'est réellement une mauvaise équipe, mais nous n'avons pas marqué !" Balm n'était pas très bavard : "C'est mon premier match en équipe "pro" ce ne fut pas trop dur, mais j'aurais aimé vaincre |
Chez les Biterrois la satisfaction était générale. L'entraîneur Tomazover nous a dit : "Nous avons quelques espoirs dans notre équipe ! Il nous faudrait trois avants dans notre attaque, alors beaucoup de choses pourraient changer". Lasserre exultait : "Nous sommes très contents ! Un point à l'extérieur, il ne faut pas faire la fine bouche". Farerias soulignait d'un ton joyeux : "Je crois que c'est sensationnel ! C'est excellent ce résultat pour notre moral ". Carayon était soucieux : "J'ai vraiment mal à mon genou, je ne pouvais pas bouger ma jambe, j'ai peur pour mes ligaments". Griffins était radieux : "Ce match nul, c'est très bien. Fioritti nous déclara enfin : "La blessure de Carayon nous a désorganisés ! Nous n'avons pas pu fournir votre jeu ! Mais je crois que les Olympiens auraient pu jouer trois mois, ils n'auraient pas marqué un seul but !" |